André Blanchemanche
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posté le 2008-07-02 à 14:01:39
Dans un premier temps.
Des faits. Rien que des faits.
Mardi 1 juillet, aux alentours de 20 heures, une communauté de gens du voyage tente de s'installer à Palavas.
Je suis un témoin involontaire.
Les évènements se déroulent sous mes fenêtres.
Je ne suis pas un témoin indifférent.
Je passerai une partie de la nuit et toute la matinée de ce mercredi 2 juillet parmi les familles arrivées par hasard à Palavas.
Parce que refusées ici et là.
Parce que renvoyées d'une commune à une autre.
Quatre vingt familles environ.
Dont des enfants en bas âge.
Dont des vieillards.
Christian Jeanjean leur a refusé l'accès à un terrain municipal. Après qu'une vingtaine de familles s'y soient installées.
Christian Jeanjean a fait bloquer la rue par une voiture de la police municipale, interdisant tout mouvement à tous les autres véhicules, immobilisés depuis bientôt seize heures, ainsi que les caravanes.
Alors qu'il fait une chaleur lourde, humide, étouffante.
Alors qu'il est impossible de mettre à l'ombre les caravanes.
Les caravanes dans lesquelles sont sensés dormir des nourrissons et des vieillards.
Ni eau.
Ni électricité.
Donc des victuailles, entassées dans les frigos et dans les congélateurs, déjà impropres à la consommation.
Christian Jeanjean, depuis plus de seize heures, refuse aux gens du voyage l'autorisation d'accéder à un terrain municipal.
Christian Jeanjean use d'arguments fallacieux, de mensonges, de vilenies.
Le terrain inondable? Si l'on fait référence au plan de prévention des crues, c'est tout Palavas qui est inondable, dont les terrains de camping sur lesquels vont bientôt s'entasser les touristes.
2500 habitants à Palavas? A-t-il donc oublié les chiffres fournis, en 1999, par l'INSEE? 5419 habitants!
Ce "je suis français, moi", semble-t-il proféré devant un responsable de la communauté des gens du voyage? Sait-il, ce tout petit et si médiocre personnage, que l'enracinement en France de ces familles remonte souvent à plusieurs siècles, qu'elle furent, au même titre que les familles juives, transportées vers les camps d'extermination avec la complicité de "bons français très ordinaires"?
Christian Jeanjean fait injure aux valeurs républicaines.
Celles qu'exprime le premier article de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Celles qui sont sensées figurer au fronton de la maison commune dont il n'est, l'oublierait-il, que le locataire? LIBERTE EGALITE FRATERNITE.
Un homme de coeur, un humaniste authentique aurait, dès les premiers moments, tout mis en oeuvre pour que les gens du voyage soient accueillis dans des conditions décentes.
Dès les premières minutes, il aurait accédé à leur demande, de façon à ce que les nourrissons et les vieillards puissent disposer du minimum de confort.
Au lieu de la main tendue, au lieu du geste fraternel, il a choisi la confrontation, l'épreuve de force.
A 13 heures, ce mercredi 2 juillet, il a dû céder.
Sous la houlette de la représentante de la préfecture, un accord a été signé. Les gens du voyage s'installent pour quelques jours sur ce terrain que Christian Jeanjean prétendait leur interdire. Un terrain sur lequel ils disposeront du minimum de confort: l'eau et l'électricité.
Il advient parfois que, dans le tumulte, quelques mots reprennent un peu de sens et de couleur.
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